Val de Loire. Gastronomie : La confrérie dédiabolise le ragondin

Dans certaines régions, on l'appelle "le lièvre des marais" pour la finesse de sa chair. Des éleveurs se sont même lancés dans sa commercialisation en pâtés en Vendée ou dans le Marais Poitevin. En Val de Loire, c'est toujours le ragondin. Et pour certains, ce n'est pas très ragoutant. Une douzaine d'amoureux des produits du terroir ont décidé, il y a deux ans, de relancer la confrérie des Ragondiniers tombée en désuétude. Objectif : dédiaboliser la consommation de ce gibier des bords de Loire.

Deuxième chapitre pour la confrérie


C'est dans les années 80 que Roger Glédel, piégeur de renards, de fouines, de putois et de ragondins a lancé la confrérie. Du haut de ses 84 ans, l’œil gourmand, il est intarissable sur la gastronomie des bords de Loire. Les recettes de Lamproie ou de l'Alose n'ont pas de secrets pour lui. Pour le Ragondin, voici ses conseils : "La chair est très proche de celle du lapin. Elle est blanche dans la jeunesse et tend vers le rose quand le ragondin passe les 2 à 3 ans. Je conseille de le cuisiner jeune. Il ne faut pas hésiter à l'assaisonner. On peut le manger en civet, le faire fumer, rôtir ou encore au barbecue. Mais attention, l'animal est à manier avec précaution. Il peut être vecteur de la leptospirose. Pour le préparer, il est préférable de s'adresser à une personne habituée."


Considérée comme nuisible

La petite bête n'est pas l'amie des agriculteurs en raison des ravages sur les cultures. En bords de Loire, on ne l'aime pas non plus à cause des dégâts qu'ils causent sur les digues de Loire. Alors la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles subventionne sa capture. Pour Roger Gledel, le prix est symbolique : "les piégeurs touchent 1.5 € par Myocastor chassé. Ce n'est pas grand-chose. Mais cela a été efficace. Dans les années 80, il en était capturé environ 15 000 par an. Aujourd'hui, ce n'est pas plus de 5 000. A l'époque, on revendait les peaux aux tanneurs, mais cela a été arrêté. Aujourd'hui, le Ragondin doit plus se méfier des renards ou des silures que des chasseurs."

50 convives

Ce samedi 23 mars, les Confrères Ragondiniers, version 2019, avaient invité leurs amis à découvrir la gastronomie ragondinère. Le président Didier Guillon ne tarissait pas d'éloges sur le lièvre des marais : "Nous avons préparé une terrine et une carbonade. Déliceux. Nous avons réuni 50 personnes, dont 14 femmes. C'est pour nous un record et je suis certain qu'ils porteront la bonne parole et qu'ils n'oublieront que le Ragondin est en avance sur son temps... C'est un herbivore au bilan carbone excellent."

Reste à savoir, si les convives qui se sont régalés auront désormais l'inspiration d'en servir sur leurs tables.


Article du 26 mars 2019 I Catégorie : Vie de la cité

 


3 commentaires :


Commentaire de adrien 26/03/2019 13:59:38

excellent en cocotte un regal .rillette,paté ragout etc .



Commentaire de fred 26/03/2019 14:03:00

Didier a commencé sa convertion en tete de ragondin.Il touche bientot a la finalité.Va t'on finir par le manger en paté.



Commentaire de BETE ET MECHANT 27/03/2019 16:35:16

Moi je les préfère en esquimaux. Juste congelé avec un baton dans le derrière. L'été çà rafraichit bien.


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