Vendredi 27 Mai
Saumur | Doué-la-Fontaine | Longué | Baugé | Thouars | Loudun | Chinon | Avoine | Bourgueil
VIE DE LA CITÉ

Saumur. « Mépris de la profession » : Les Sages Femmes du CH en grève mercredi 24 novembre

La semaine dernière, le Centre Hospitalier de Saumur avait dû renoncer à accueillir des femmes enceinte prêtes à accoucher faute d'anesthésistes (relire nos articles). Mauvaises conditions de travail, manque de personnel, revalorisation... L'équipe des sages-femmes de Saumur vient d'adresser un courrier de revendications à la direction de l'hôpital et annonce un préavis de grève pour le mercredi 24 novembre prochain.

IMG


Voici en intégralité le courrier des sages femmes adressé au Directeur du Centre Hospitalier de Saumur, Jean-Paul Quillet, au Maire de Saumur, Président du Conseil de Surveillance, Président du GHT 49 (Groupement Hospitalier de Territoire de Maine-et-Loire), Jackie Goulet et à la Députée du Maine et Loire (Saumur-Sud), Laetitia Saint Paul.

"Les sages-femmes ont initié un mouvement social depuis le mois de mai 2021 qui s'est renforcé depuis le 24 septembre 2021, il s'agit d'un mouvement national mais aussi local. La profession de sage-femme est une profession médicale selon le Code de la Santé Publique et les compétences qui nous incombent sont en perpétuelle augmentation : suivi gynécologique, IVG médicamenteuse et instrumentale (en expérimentation depuis cette année), coordination d'unité physiologique, ouverture de maison de naissance et bien d'autres compétences au quotidien. L'exercice de notre profession est régit par les décrets de périnatalité de 1998. Ces décrets ne sont plus en adéquation avec les recommandations des sociétés savantes et de la Haute Autorité de Santé. Cela se fait ressentir par une diminution de la qualité des soins aux mères et aux nouveaux-nés, mais également par une forte baisse de la satisfaction des femmes et des couples sur le vécu de leur accompagnement, insatisfaction relayée par les associations de patients notamment. Dans le cadre du Ségur de la Santé mis en œuvre par Monsieur VERAN, ministre de la Solidarité et de la Santé, les sages-femmes ont d'abord été oubliées de ce Ségur, puis valorisées dans un second temps, à hauteur de 183 euros nets par mois. Les grilles salariales devaient être réévaluées dans un second temps et un rapport de l'IGAS a été demandé. Ce rapport, dont les résultats sont parus début septembre, montre la souffrance professionnelle des sages-femmes, le manque considérable de reconnaissance de notre place dans le système de soins mais également la nécessité de réévaluer nos salaires à hauteur de 175 points d'indice soit de 624 euros net mensuel. En réponse à ce rapport, Monsieur VERAN a proposé une augmentation de 100 euros de prime par mois ainsi qu'une augmentation de 20 points indiciaires par mois ; ce qui est bien en dessous de ce qui était préconisé dans le rapport de l'IGAS. Cela a soulevé une vague d'indignation chez les syndicats professionnels (UNSSF et ONSSF), mais également dans les instances telles que le Conseil de l'Ordre des sages-femmes, le Collège National des sages-femmes, ou l'association des sages-femmes coordinatrices de France (ANSFC). Devant ce mépris pour notre profession, un mouvement social national a débuté.

Les revendications principales se situent autour de ces grands axes :
- La révision des décrets de périnatalité devenus obsolètes concernant les effectifs dédiés au secteur de salle de naissance, demande déjà soutenue et argumentée par le Collège des Gynécologues Obstétriciens de France (CNGOF). - Un statut spécifique, avec une filière médicale pour les sages-femmes. - Une revalorisation salariale conséquente, prenant en compte notre caractère médical mais également notre niveau de responsabilité.
- La création d'une sixième année d'étude, avec validation d'un doctorat en maïeutique. Au-delà des revendications nationales, les sages-femmes du CH de Saumur déplorent les conditions d'accueil des femmes, couples et nouveaux-nés. Nous subissons depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, les conséquences d'une diminution du nombre de postes de nos collègues :
- remplacement non pourvu en IDE, AP, Secrétaire, Interne sur le pôle mère-enfant qui augmente la charge de travail des sages-femmes.
- fusion de service temporairement pour pallier à l'absence de remplacements d'IDE notamment avec l'UCA actuellement.
- sages-femmes sollicitées pour remplacer des IDE sur les week-end.
- équipes de jours sollicitées pour renforcer les effectifs de nuit.
- dotation en Gynécologue Obstétricien et Anesthésiste insuffisante qui majore l'insécurité des équipes à travailler avec des remplaçants et risque d'augmenter la morbidité des patientes, voire en l'absence de remplacement la menace de fermeture de la maternité sur les gardes non pourvue. La sécurité nécessaire aux prises en charges n'est pas optimale, notamment la nuit et le week-end avec un effectif réduit de sages-femmes et d'auxiliaires de puériculture et l'absence d'infirmière. En effet le rapport de 2018 du CNGOF « Ressources humaines pour les activités non programmées en gynécologie-obstétrique » préconise un effectif minimal de 2,4 sages-femmes dédié au secteur des salles de naissance à partir de 1000 accouchements/an, alors que nous sommes actuellement 1 SF 24h/24 et 1 sage-femme en renfort de 8h/24H les jours ouvrables uniquement.
Cette situation conduit à une sollicitation quasi systématique de la sage-femme de suite de couche la nuit et les week-ends, procédure dégradée officieuse dont nous vous alertons avec des évènements indésirables récurrents. De plus selon la MACSF, assureur majoritaire des sages-femmes, « les sages-femmes de secteur d'hospitalisation ne sont pas autorisée à se rendre dans un autre secteur que le leur et ce quelque soit le nombre de naissance réalisé par an », le minimum requit légalement en suite de couche est 1SF ou 1IDE +1 Auxiliaire de puériculture.
L'ensemble de ses problématiques, et la liste n'est pas exhaustive, est responsable de l'épuisement des professionnels de la maternité et diminuent encore la qualité des soins pouvant être apportés aux femmes et aux couples. Il est de notre devoir de vous informer que les effectifs sont insuffisants.

C'est pour cela que nous demandons :
- 2 sages-femmes en salle de naissance 24h/24 - 1 sage-femme + 1 IDE en secteur suites de couches / chirurgie gynéco 24h/24 - Réattribution et travail sur l'attractivité de semestre pourvu d'interne en médecine sur le secteur maternité/ urgences gynécologiques
- Validation et paiement des heures supplémentaires - Paiement de la prime d'urgence BUZYN pour l'ensemble du personnel travaillant sur les urgences gynécologiques/obstétricales.
- Stagiairisation des sages-femmes contractuelles, le cas échéant rémunération des sages-femmes contractuelles sur les mêmes grilles salariales que les sages-femmes titulaires.
Nos revendications locales ont pour but d'améliorer la sécurité et la satisfaction des patientes que nous accueillons, mais également pour faire perdurer le rayonnement local et la réputation du CH de Saumur. Afin de pouvoir vous exposer de manière plus explicite nos difficultés au quotidien, notre besoin fondamental de garantir la sécurité des patientes et de trouver des réponses à nos revendications, nous sollicitons auprès de vous un rendez-vous, accompagnés de représentants syndicaux.

Dans l'attente de votre réponse que nous espérons favorable, nous vous prions, Monsieur, de recevoir nos salutations respectueuses.
L'équipe des Sages-Femmes."

10 commentaires :


Commentaire de Superdeg

21/11/2021 10:28:07

Il est vrai il y a une démographie folle à Saumur



Commentaire de Elles ont raison

21/11/2021 11:22:40

Elles ont totalement raison sur tous les points exposés . Totalement oubliées par le Ségur de la santé. Encore une conséquence de la politique de santé menée depuis plusieurs décennies par le pouvoir politique de tous bords qui a pour conséquence la création des déserts médicaux. Il est facile et hypocrite de vouloir faire retomber sur le monde médical la responsabilité qui incombe au monde politique.



Commentaire de ELLES ONT 1000000 FOIS RAISON

21/11/2021 13:49:09

Mais Véran a part avoir étudié et faire briller les sièges des facultés !!! A t'il pratiqué en temps réel ? Les primes sont des carottes pour faire avancer l'âne..... mais ne sont pas prises en compte pour la retraite. La politique n'est pas la pratique !!! Dire c'est bien faire c'est mieux......! Surtout Mesdames ne lâchez pas.... le public est de votre côté



Commentaire de Cabaret

21/11/2021 18:41:49

En espérant que Super Mario, nouvel élu aux établissements hospitaliers du département, pourra sortir sa baguette magique pour régler le problème, alors qu'il n'est en rien responsable de cette situation résultant de la politique menée depuis plusieurs décennies. Ne lâchez pas Mesdames !



Commentaire de a cabaret

21/11/2021 20:18:29

vous reconnaissez et ce qui est vrai que les maires n'ont aucune compétence réglementaire dans ces affaires mais vous laissez entendre qu' il aurait des solutions. C 'est pervers. La politique de santé ce n'est pas dans les domaines d'un maire.



Commentaire de Pourtant

21/11/2021 20:42:02

le taux de natalité ne cesse de baisser depuis des annees et donc les accouchements dans les maternités. maintenir les moyens éventuellement mais de là à les augmenter pour faire moins ! c est les impôts qui financent.



Commentaire de Superdeg

22/11/2021 09:29:51

A l'hopital de Saumur combien de naissance par an avec combien de sages femmes? Là est la question, y a t-il plus de trois naissances par jour?



Commentaire de Bonne question

22/11/2021 10:09:49

En recherchant sur internet on trouve entre 1000 et 1050 sur les dernières années. soit bien inférieur à 3par jour . il y a eu une époque où ils étaient pas loin des 1400-1500. Mais c'était pas les 35 h



Commentaire de Question

22/11/2021 10:49:35

c'est pas l'usine. Que font les gynecologues et infirmières que ne font pas les Sages femmes ? Çà a l'air d'être très trop cadré tout cela



Commentaire de Leonard

22/11/2021 19:55:57

Oui elles ont raison. La situation ne peut plus durer. D'ailleurs elles n'ont pas écrit à Anne-Laure Blin - la Député de Saumur Nord et pourtant au mois d'octobre je crois qu'elle avait écrit à Véran pour lui relater la situation ! (j'avais vu passer l'info sur son site il me semble)



page-precedente

Ajoutez un commentaire à cet article :

 

Les commentaires ne seront pas corrigés.
Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés.
La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes.

 

(n'apparaîtra pas
sur le site)

(Email)


Si vous ne réussissez pas à mettre un commentaire, pensez à mettre votre navigateur internet a jour. Pour déposer un commentaire vous devez avoir javascript actif.

Me prévenir si un autre commentaire est déposé pour cet article.

 


Votre commentaire sera publié après modération.

Pour faciliter la lecture des commentaires, la longueur des commentaires est réduite et le nombre de caractères est limité ? 600...

 

 


Créez votre article ! ICI



PUBLICITÉ
PUBLICITÉ