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VIE DE LA CITÉ

Edito de Michel Choupauvert : Manque de médecins à l'hôpital et le serment d'hyppotruc

Au moment d'être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité..." Voici les premières lignes du serment d'Hippocrate que les praticiens en médecine prononcent... A la lecture des pratiques financières de certains d'entre eux, je me demande s'il n'y a pas eu une erreur de frappe et qu'on aurait pu lire hypocrite, à moins que le conseil de l'ordre ne décide d'enlever le mot "probité". Une partie de la corporation a une drôle de manière de jouer avec nos impôts dans les petites villes comme Saumur...

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Pas de maternité pendant 3 nuits à Saumur, faute d'anesthésiste... Voilà qui a fait prendre conscience du fonctionnement des hôpitaux de province victimes du chantage financier de quelques praticiens. Dans l'imaginaire merveilleux de l'organisation d'une ville du passé, on avait : le maire, le curé l'instituteur, le médecin... L'aura du dernier tenait encore le coup, mais là, cela commence à s'effriter tant l'appétence à l'argent de certains est forte. L'État, avec un peu de retard, a libéré le numérus clausus*. Les effets devraient peut-être se faire sentir dans quelques années. En attendant, elle a essayé de faire passer une loi visant à encadrer le salaire des médecins intérimaires en milieu hospitalier public. Certains se font payer jusqu'à 4 000 euros la journée pour une mission d'intérim. Et comme les hôpitaux manquent de personnel, ils acceptent de payer ces tarifs prohibitifs et cela pèse lourd sur leur budget. Depuis 2020, il y a bien un décret qui plafonne ces tarifs à 1 100 euros la journée, mais il n'est pas respecté.

Un manque mathématique

Le lobby de ceux qui ont signé le serment d'Hippotruc a gagné. Beaucoup d'entre eux avaient prévu de jouer le bras de fer en novembre. Tant et si bien que l'État a cédé et décalé son projet à 2022. Tout devrait rentrer dans l'ordre en décembre, on verra si la loi réussit à passer l'année prochaine. En attendant, je me dis que si j'étais jeune médecin urgentiste, après avoir lu le serment d'Hippocrate en croisant les doigts, je me poserais, tout de même, la question entre un salaire à 3 815 € bruts au premier échelon à l'hôpital public et des piges d'intérim à 1 500 € la garde de 24h. Je me dirais même que, 10 000 euros par mois pourrait me suffire et que si je ne travaille pas beaucoup, je pourrais passer mon temps libre à faire de la plongée, du surf ou du golf. Et comme je ne suis pas le seul à penser ça, selon le principe de Coluche, "ce n'est pas de boulot dont l'homme a besoin, mais d'argent", la pénurie de praticiens va s'organiser toute seule, l'Etat aura beau libérer le numérus clausus... Ce n'est pas près de s'arrêter...
De là à penser que la fermeture de certains services dans les hôpitaux de province est inévitable, il n'y a qu'un pas.

Michel Choupauvert

*Depuis la loi 1971, l'admission en 2e et 3e année de médecine, d'odontologie, de pharmacie, de kinésithérapie et de maïeutique se basait sur un "numerus clausus". Signifiant "nombre fermé" en latin, ce terme désigne donc le nombre limite d'étudiants de 1re et de 2e année pouvant passer en études supérieures, au niveau national. C'est via un arrêté ministériel du ministère des Solidarités et de la Santé et du ministère de l'Enseignement Supérieur, publié dans le Journal officiel de la République française que le quota est connu par les étudiants et les universités accueillant une faculté de médecine. La loi du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé supprime le numerus clausus à compter de la rentrée universitaire 2020. Selon les nouvelles modalités, les capacités d'accueil des formations en deuxième et troisième années de premier cycle sont déterminées annuellement par les universités sur avis conforme des agences régionales de santé.

14 commentaires :


Commentaire de très bien de sortir du débat local

13/11/2021 10:39:03

Ce devrait être le sujet prioritaire des présidentielles avec en plus cette très grave crise sanitaire qui a secoué nos valeurs et notre économie. Mais les candidats actuels et de tous bords continuent à dire des mesures cosmétiques. Un panier d offre de soins a maintenir obligatoirement dans chaque hôpital et en libéral sur chaque territoire devrait être validé entre l État et tous élus. il faut cesser de mettre des milliards comme depuis toujours avec peu de résultats pour inciter les installations de médecins. De la coercition devient nécessaire car la population souffre.



Commentaire de Et en plus

13/11/2021 10:56:18

La loi sur le plafond ne concerne que le public. Le privé peut donc être à l' aise car récupère en ayant d ailleurs une base pour négocier légèrement au dessus les intérimaires anesthésistes. comment tuer le service public.



Commentaire de Florentais

13/11/2021 14:39:34

Ce n est pas un manque de moyen financier. A chaque réforme les syndicats sortent les infirmières en première ligne devant Tf1 et france 2. Comme ça y a plus débat et de possible réforme structurelle. Bilan le bazard continue depuis des années



Commentaire de @Florentais

14/11/2021 10:13:34

Vous dites "A chaque réforme les syndicats sortent les infirmières...". Je crois que les revendications des soignants sont légitimes mais depuis longtemps ignorées. Si aujourd'hui on en manque ce n'est pas tant parce qu'il y en a pas assez de formés. C'est avant tout parce que cette profession n'est plus attractive pour les jeunes (stress, conditions de travail, vie de famille, salaire) et que certains infirmiers ou infirmières font de plus en plus le choix de se reconvertir vers une autre activité.



Commentaire de déplorable

14/11/2021 10:40:46

je trouve déplorable que des métiers de santé pensent plus à l'argent qu'au bien être des malades . ça choque !!!



Commentaire de Superdeg

14/11/2021 11:01:34

Hippocrate: Hippo = cheval, cratie = peuple Donc ce n'est pas des héros mais des équidés du peuple donc à Saumur nous avons les ânes du peuple hypocrites et dans la capitale de l'équitation



Commentaire de floralie

14/11/2021 11:14:36

hélas c'est la vérité ...maintenant à la clinique de la Loire nous avons un odontologiste qui prévient dès la prise de RV que ses honoraires ne sont pas pris en charge et que la 1ère consultation sera facturée 50e Comment se sortir de la médecine à 2 vitesses



Commentaire de malika

14/11/2021 11:21:48

bonjour, ça fait au moins 15 ans que la pénurie a commencé et on réagit aujourd'hui ! Patience, il faut 10 ans d'études pour un médecin et 6 pour un dentiste! Si l'ars ne veut pas donner son avis conforme selon les possibilités d'enseignants dispo en faculté elle continuera de brider le nombre. En ehpad c'est elle qui décide du nombre de soignants selon le nombre d'occupants. C'est le serpent qui se mord la queue surtout quand on ferme des lits parce qu'il n'y a pas de médecins. Donc ne soyez pas malades .....



Commentaire de Sorel Michèle

14/11/2021 11:27:22

Monsieur Choupauvert Michel: Très satisfaite de vos commentaires sur l'actualité, présentez vous.



Commentaire de Francis Prior

14/11/2021 12:12:05

Les efforts qui ont été faits depuis la loi de 2019 renforcée à la suite du Ségur restent encore insuffisants mais on va dans le bon sens. Les défis d'aujourd'hui concernent aussi la dépendance et le maintien à domicile pour laquelle on vient d'acter l'inscription dans le cadre de la sécurité sociale. Il faut aussi être réaliste, on ne poursuivra les progrès que si nous augmentons les ressources pour les secteurs de la santé et de la dépendance c'est à dire les prélèvements obligatoires. Le vieillissement de la population, les coûts de traitement très sophistiqués ne vont pas se réduire .



Commentaire de A Malika

14/11/2021 14:08:02

Pour compléter concernant les EHPAD c est un cofinancement avec le Conseil Départemental. Et là aussi l ancien président du Conseil Départemental a imposé un régime draconien aux EHPAD au même titre que ce qui a été faite à l aide à l enfance avec les conséquences catastrophiques que l on sait. la vision a été strictement financière. on verra avec la nouvelle présidente si ce sont toujours les financiers et techniciens du conseil deptal qui imposent la politique.



Commentaire de A francis Priori

14/11/2021 14:18:36

Oui le Segur a bien permis d augmenter les salaires des Infirmières et aide soignantes. une infirmière qui exerce aux urgences gagnera en 2022 400 euros de plus qu en 2019. Idem une Aide soignante en EHPAD . Mais ce n'est pas seulement en augmentant le numerus clausus pour les médecins et en augmentant leurs salaires que cela va changer la désertification médicale. Sans coercition ou obligation de rendre du temps au service public en contrepartie du coût de leur formation ils continueront à aller dans les grandes agglomérations et dans de grandes équipes pour ne pas trop faire de gardes



Commentaire de Dumtum

14/11/2021 23:02:46

Un jour j'ai osé dire à mon médecin que je ne comprenais pas pourquoi les médecins ne voulaient pas venir sur des villes comme Saumur, belles et agréables....Ledit médecin m'a répondue :" et les conjoint (e)s ils font comment pour leur travail ?" je n'ai insisté mais je me suis dit :" bah les conjoints de tout le monde font comment ? et bien ils essayent de trouver un travail près de leur moitié, comme tout le monde, comme tous ceux qui travaillent !" C'est clair, qu'on n'est plus à la période du Médecin de famille, qui connaissait tout le monde, qui était serviable et gagnait leur vie aussi



Commentaire de Patient

15/11/2021 12:53:05

Les entreprises qui financent les grandes écoles de leurs futures recrues leurs demandent en retour un engagement d'autant d'années de service que d'années d'études financées. En France, les études des médecins sont entièrement gratuites. Elles sont financées par les impôts de gens dont une partie ne pourra même pas se payer leurs services car ils iront exercer en libéral, et dans les grandes villes. Ce serait un juste retour que l’État exige des médecins qu'ils soient 10 ans minimum à sa disposition, que ce soit pour de la médecine publique hospitalière ou de la médecine de campagne.



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