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VIE DE LA CITÉ

Maine-et-Loire. Ragondin : De nombreux dégâts sur les berges, les digues et des risques sanitaires

Le département de Maine-et-Loire est infesté par le ragondin (Myocastor coypus) et le rat musqué (Ondatra zibethicus). Ces espèces sont nuisibles aux végétaux et produits végétaux, et leur prolifération représente un risque pour les productions agricoles, les ouvrages d'art et l'hydraulique, pour la faune et la flore autochtones, pour la santé publique et pour la santé animale. Un réseau lutte quotidiennement depuis plusieurs années pour réguler et limiter la prolifération de ces animaux.

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Dans un arrêté en date de janvier 2020, le préfet de l'époque, René Bidal, avait arrêté que « la lutte collective contre le ragondin et le rat musqué est obligatoire sur tout le territoire du département de Maine-et-Loire pour toute personne physique ou morale qui a la jouissance de terres. » L'organisation de la surveillance et de la lutte contre les ragondins et les rats musqués avait alors été confiée à la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles (FDGDON 49). Un bilan et un comptage sont ensuite réalisés chaque année, notamment par secteur géographique. « La FDGDON 49 doit établir un bilan annuel des luttes pour chacune des espèces relevant de la lutte collective, incluant les résultats de la surveillance mise en place, l'importance des moyens de lutte mis en œuvre, l'estimation des quantités de ragondins et de rats musqués détruits ainsi que la liste des dégâts constatés et attribuables aux ragondins ou aux rats musqués. Ce bilan doit faire apparaître les zones géographiques (bassins versants) où les animaux ont été capturés ou tués. Il doit être transmis sans frais à la Direction Départementale des Territoires au plus tard le 1er novembre qui suit l'année civile faisant l'objet du rapport », stipule l'arrêté.

Un animal importé sans prédateur naturel

Selon le FREDON (réseau régional des GDON) de la région Centre-Val de Loire, « l'habitude qu'a le ragondin de creuser des terriers communiquant avec l'eau a des conséquences négatives sur les voies d'eau et les ouvrages hydrauliques, soit de manière directe par érosion soit de manière indirecte par envasement. » Il explique que les bouches des terriers accélèrent l'érosion à la base des berges par le courant de l'eau. À terme cela peut causer leur effondrement. Des dégâts qu'il partage également avec son cousin le rat musqué, importé tout comme le ragondin du continent américain. Le problème est que le ragondin n'a pas de prédateur naturel en France. Il a été importé au 19e siècle notamment pour sa fourrure et sa bonne adaptation aux territoires. Les prédateurs naturels du ragondin sont les caïmans, le jaguar, le puma ou encore l'ocelot. Bien évidemment ces derniers ne sont pas présents dans les pays d'introduction.

25 000 ragondins piégés chaque année en Maine-et-Loire

Antonin Grimault-Fremy, animateur à la FDGDON49 explique que le ragondin est particulièrement présent en Maine-et-Loire et fait de nombreux dégâts et présente plusieurs risques. « Le département est principalement occupé par le ragondin puisqu'en 2020, près de 26 000 ragondins ont été piégés contre seulement 700 rats musqués. Depuis 2014 les chiffres sont relativement stables et tournent autour de 25 000 animaux piégé et éliminé chaque année », explique-t-il. Il poursuit en soulignant que « le ragondin fait d'importants dégâts sur l'environnement. Sur les berges d'abord en creusant des galeries pouvant s'enfoncer jusqu'à 10 mètres dans les berges et d'un diamètre allant jusqu'à 40cm. Cela affaiblit donc les bords des cours d'eau. C'est également le cas sur les digues, même si ces ouvrages disposent d'une surveillance accrue. Heureusement puisqu'elles répondent à des enjeux fondamentaux de protection des populations. » Au-delà des dégâts « matériels », le ragondin pose des problèmes sanitaires : « il est vecteur de nombreuses maladies, dont la plus commune la leptospirose. Une maladie provenant de l'urine des ragondins qui fait se développer des bactéries qui touchent les organes vitaux chez les animaux et les humains. Les conséquences peuvent être dramatiques pouvant aller jusqu'au pronostic vital engagé si cela n'est pas traité à temps. Les symptômes ressemblent à ceux de la grippe et n'alertent pas forcément, surtout en cette période de covid. Le risque est particulièrement élevé sur les zones fréquentées closes d'eau stagnante. C'est le cas à Millocheau à Saumur qui est surveillée et qui bénéficie d'une opération de piégeage durant quatre semaines chaque année avant la période estivale pour assainir le site. » Enfin le dernier problème énoncé par l'animateur est la consommation d'herbages au détriment des animaux d'élevage en apportant par ailleurs des maladies aux en urinant sur les prairies.

Des indemnités symboliques

La FDGDON49 s'appuie sur un réseau de 700 piégeurs en Maine-et-Loire qui procède de trois manières différentes. « Il y a dans un premier temps le tir qui est effectué par des chasseurs, il y a le déterrage qui consiste en une chasse sous terre et le piégeage qui est la technique la plus utilisée et la plus efficace », précise Antonin Grimault-Fremy. S'il est impossible d'estimer le nombre d'individus dans le département, la fédération s'appuie sur les indicateurs fournis au travers du nombre d'animaux piégés, le nombre de jours de piégeage et le nombre de pièges posé. La FDGDON49 vise à renouveler et à faire perdurer son réseau de piégeurs. Elle souhaite continuer à le faire augmenter, notamment sur Saumur où il n'y a plus de piégeurs depuis plusieurs années, une problématique récurrente en milieu urbain. Une indemnité est accordée au nombre de ragondins tués. Celle-ci peut aller jusqu'à 3 euros par animal tué, avec preuve. Toutefois cela ne suffit à en faire une activité lucrative selon l'animateur : « Nous avons calculé une estimation du coût auquel cela revient pour un piégeur au vu de l'essence (il faut beaucoup se déplacer et rouler) et du matériel, nous sommes arrivés à 10 euros pas ragondins. Il y a donc un delta de 7 euros. » Les personnes intéressées ou souhaitant plus d'informations peuvent se tourner vers leur mairie ou vers la FDGDON49.

4 commentaires :


Commentaire de Pazibu

13/10/2021 19:47:47

il y a 40/50 ans lors d'un pot entre copains on dégustait une oreille de cochon et un pâté de ragondin arrosé d'un coup de Breton.



Commentaire de Import ...

13/10/2021 20:17:34

Vous avez la solution pourquoi discuter pour rien ? Importez des caïmans c'est aussi simple que cela !



Commentaire de sablons 49

13/10/2021 21:15:03

3€ pour un particulier piégeur et 3 fois plus pour une entreprise qui fait la même chose ... Chercher l'erreur et vous trouverez des piégeurs !!



Commentaire de riverain

13/10/2021 21:56:34

cet animal est comestible. Il suffirait de le remettre au goût du jour et de le chasser pour sa chair...



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