Vendredi 15 Octobre
Saumur | Doué-la-Fontaine | Longué | Baugé | Thouars | Loudun | Chinon | Avoine | Bourgueil
VIE DE LA CITÉ

Histoire locale. Le Thoureil, une histoire au fil de l'eau

La petite commune du Thoureil, aujourd'hui rattachée à la commune de Gennes-Val de Loire, s'est construite au fil des années au gré du commerce maritime. Les vestiges de cette activité sont encore visibles aujourd'hui entre les bateaux de Loire encore présents et les nombreux quais qui jonchent la commune.

IMG


Depuis toujours, la Loire fascine. De la Préhistoire au milieu du XIXème siècle, elle fut aussi un axe de navigation essentiel pour les personnes et les marchandises. De Nantes à Roanne, passaient des bateaux de toutes tailles : les chalands, les toues, les fûtreaux. Les chalands, pouvant atteindre 30m et 4.50m de large avec un tirant d'eau d'1m, naviguaient sous voile carrée avec, à l'arrière, une piautre, un gouvernail triangulaire sans tirant d'eau. Il y avait également des gabarots avec étrave et mât de charge. Le mât des toues de pêche n'était pas utilisé pour la voile mais pour permettre l'élévation du contrepoids de carrelet destiné à pêcher le poisson en bout du barrage en filet à larges mailles. Ces scènes intemporelles se déploient encore aujourd'hui, notamment autour l'abbaye de Saint Maur et près de l'Ile de Baure, où réside un pêcheur professionnel. Les toues sablières sont voilées, avec une petite cabane à l'arrière, pour ranger le matériel (brouette, queue de singe, etc…). La flotte du Thoureil en compte trois. Les fûtreaux sont des bateaux étroits, d'une longueur maximum de 10 mètres et servent aux déplacements locaux des pêcheurs, des riverains, à l'époque ils participaient au chargement des bateaux plus importants. Il existait également les sapines, véritables caisses flottantes de transport, ne faisant qu'un aller simple en avalaison, détruites à Nantes. Les manœuvres sur les grands bateaux étaient complexes, la Loire demeure étroite pour des bateaux de 30 mètres, le passage des ponts en endremage était périlleux En remontée les chalands naviguaient sous voile carrée et parfois même avec un hunier (petites voile au-dessus) sur des bateaux appelés « accélérés ». En baissant, les manœuvres sont dangereuses, car les bateaux sont déplacés par le courant et dirigés à l'aide de bâton de quartier ou de bourde. Ces bâtons de marine (de chêne ou de châtaignier), plantés dans le sable, sous la pression du bateau pouvaient éclater et provoquer d'importants dommages matériels et surtout humains.

Du vin, du sel, tuffeaux… du Thoureil à Nantes

Ces bateaux transportaient, notamment, du vin. Au Thoureil la famille hollandaise Van Horn exportaient par Nantes. Le vin devait être de qualité car il était fortement taxé avec des droits de douane, perçus à Ingrandes. Le trafic à l'export était important, il comptait, vers 1760 sur quatre années 25 000 hectolitres de vin de la région. Le fret était constitué aussi de houille, de bois de charpente ou nécessaire au gréement des navires. Ils transportaient également des matériaux, des tuffeaux de Montsoreau, des ardoises de Trélazé et des matériaux divers (toiles, poteries, denrées alimentaires, fruits et légumes, sucre (des iles…), la faïence (de Nevers), des éléments de fonderie, de quincaillerie, coutellerie, ancres, chaudrons, marmites, etc… Cette voie navigable alimente les villes de son cour et également Paris, par le canal de Briard.

En remontée, la navigation également emportait du sel. Il s'agissait d'une denrée extrêmement précieuse. Elle était taxée à 20 fois sa valeur d'origine en subissant la gabelle dans les greniers d'impôts d'Ingrandes. Cette denrée était extrêmement surveillée par les gabelous, qui chassaient les faux sauniers. Sur le fleuve la vie était intense. Un homme, à sa fenêtre, pouvait voir, au XVIIIè siècle, plus de 200 bateaux passer en un jour. La gestion de la Loire est alors assurée par la « Communauté des marchands fréquentant la rivière de Loire et fleuves descendant en ycelle », avec trois implantations à la Charité sur Loire, Saumur et Nantes. Elle se charge de l'entretien et généralement de tout ce qui entrave la circulation des bateaux. C'est une source de conflit avec les riverains.

L'arrivée du chemin de fer

Mais l'activité va décroître très rapidement, premier déclin avec la batellerie de vapeur, mais surtout l'arrivée du chemin de fer au milieu du XIXème siècle. Après la première guerre mondiale il n'y a plus d'activité marinière. De précieux témoignages ont été recueillis par Monsieur et Madame Jeanne et Camille Fraysse* auprès des enfants ou petits-enfants de ces mariniers. Leurs livres racontent cette histoire, accompagnée de chants et comptines de Loire.

Une terre de menhirs

Aucune région de l'Anjou ne fut plus abondamment peuplée de monuments mégalithiques. Un important village néolithique occupait le petit plateau (près de l'actuel cimetière), et a donné des milliers d'outils de silex taillés et de haches polies. Dans les bois en direction de Fontaine s'alignent sept menhirs, dont cinq debout et deux couchés, la pierre longue de Saint Gondon (la plus orientale), la pierre de Nézan (la plus occidentale). Il existe en outre les menhirs de Bessé, de Norgevault, de la Filousière (hauteur 4.80 m), des Varennes, de Cumeray. Il existe également le dolmen de Cumeray, de forme polygonale, deux tumulus près du menhir de Cumeray et le petit dolmen sur le flanc Sud de la butte du Houe lesquels ont fourni des objets néolithiques, du bronze et une stèle féminine de la fertilité. Ces lieux furent fouillés au début des années 1960 par Jeanne et Camille Fraysse et Michel Gruet. Une partie de ces collections sont exposées, sous vitres, à l'entrée de la mairie. Dans ces bois chargés, la magie de ces lieux résonne toujours.

* Pour aller plus loins, lire « La station atelier du Thoureil », de Camille Fraysse, « inventaire des mégalithes en Anjou » de Michel Gruet.

1 commentaire :


Commentaire de Encore plus s'il vous plaît !

05/09/2021 11:48:10

Encore plus de détails, s'il vous plaît, c'est vraiment génial et intéressant ! Pourquoi ne pas faire ainsi participer les "mémoires" encore parmi nous ... sur des sujets si locaux ?



page-precedente

Ajoutez un commentaire à cet article :

 

Les commentaires ne seront pas corrigés.
Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés.
La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes.

 

(n'apparaîtra pas
sur le site)

(Email)


Si vous ne réussissez pas à mettre un commentaire, pensez à mettre votre navigateur internet a jour. Pour déposer un commentaire vous devez avoir javascript actif.

Me prévenir si un autre commentaire est déposé pour cet article.

 


Votre commentaire sera publié après modération.

Pour faciliter la lecture des commentaires, la longueur des commentaires est réduite et le nombre de caractères est limité ? 600...

 

 


Créez votre article ! ICI



PUBLICITÉ
PUBLICITÉ