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VIE DE LA CITÉ

La lecture de la presse par Julia : Abstention record : Méconnaissancet, désintérêt,... ?

Julia est une cinquantenaire, qui aime lire la presse, qu'elle soit sous forme papier pour ce qui est de la presse locale tous les matins, ou web tous les jours. Et chaque semaine désormais, elle nous fera part de ce qu'elle a relevé et l'a interpellé. Ce qui l'a marqué dans la presse cette semaine, c'est le florilège d'explications de forces politiques et des analystes politiques et autres chroniqueurs pour expliquer le manque de participation aux dernières élections régionales et départementales. Comme se pose la question Rue89, L'abstention serait-elle l'expression de la désillusion. Revue de presse.

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Le constat est clair à l'issue de ces deux derniers scrutins des 20 et 27 juin : une abstention record de 34,69 % dans la France entière, soit près de 24 points de moins qu'au second tour de 2015 (selon les chiffres définitifs du ministère de l'Intérieur publiés ce mardi 29 juin) et la réélection des sortants. De fait, c'est du jamais vu de mémoire d'analystes politiques : tous les présidents de régions (13) sortants (13) ont été réélus, de quelque bord qu'ils soient ! A un moindre degré mais c'est tout de même remarquable, aux départementales, idem pour les candidats sortants ou leurs binômes, même s'il n'étaient pas sortants. L'adage « la prime au sortant » s'est on ne peut plus avérée exacte. Beaucoup l'expliquent : la ré-élection majoritaire des sortants s'explique par la mécanique du manque de participation : de fait les défenseurs des sortants se sont mobilisés plus que les autres pour asseoir leurs candidats.

Mais comment expliquer cette abstention record dans l'histoire de la Vè République ?

Le Courrier des maires : des profils sociaux qui on disparu des bureaux de vote »
Dans le Courrier des Maires u 29/06, pour Emilie Denètre il y « des profils sociaux qui ont complètement disparu des bureaux de vote »
Et d'expliquer : "Alors que deux tiers des Français ne se sont pas déplacés pour aller voter aux régionales et départementales les 20 et 27 juin dernier, le Courrier des maires a interrogé Jean-Yves Dormagen, professeur de sciences politiques à l'université de Montpellier. Pour le et co-auteur de « La démocratie de l'abstention » paru en 2007, les causes de l'abstention sont multifactorielles et aucun dispositif technique ne parviendra à la résorber. Mais des « facilitations » du vote pourraient selon lui permettre un sursaut de participation. »
Et de poser la question à l'universitaire : « Finalement, malgré les différents appels de la classe politique la semaine dernière, le sursaut de participation attendu n'a pas eu lieu au second tour… Êtes-vous surpris ? »
Jean-Yves Dormagen de répondre : « Non. En réalité, l'absence de rebond était relativement prévisible dans la mesure où il n'y avait rien de très « différent » entre le premier et le second tour de ces élections. À l'inverse, en 2015, on avait connu une relative « dramatisation » du second tour autour de la possibilité de voir Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen gagner des régions. Il y a eu des appels à un sursaut républicain produits par un certains nombres de forces politiques. On avait donc assister à un changement du scénario de campagne et de l'offre électorale qui avaient favorisé la participation. »

La Tribune : Une triple logique
Pour Bruno Bruno Cautrès dans La Tribune du 30/06/2021, « les niveaux exceptionnels de l'abstention lors des deux tours des élections régionales et départementales s'inscrivent dans une triple logique : d'une part un « effet Covid » qui a pesé de tout son poids comme ce fut le cas lors des élections municipales de 2020 ; d'autre part, une tendance structurelle à davantage d'abstention à toutes élections, ou presque, en France ; enfin une impossible mobilisation électorale pour des élections dont les Français n'ont pas vu les enjeux, d'autant moins perçus que personne ne les a montrés. »
Et de rajouter : « Cette inquiétante tendance de notre démocratie à devenir « une démocratie de l'abstention », pour reprendre l'expression utilisée par les politologues Céline Braconnier et Jean‑Yves Dormagen, souligne l'échec d'Emmanuel Macron sur l'un des volets les plus essentiels de son projet politique : réconcilier les Français avec la politique et leur redonner confiance dans l'action politique. Si les explications de cette tendance structurelle à l'abstention sont multiples et ne peuvent être réduites à la seule responsabilité des politiques, elle traduit néanmoins un rapport très dégradé des Français à la politique et l'ampleur des fractures démocratiques. »

La Croix : le débat de la réforme des modes de scrutins relancée
Pour Gauthier Vaillant, dans La Croix, « le record d'abstention au premier tour des élections régionales et départementales a relancé le débat sur la réforme des modalités du scrutin. Vote anticipé ou à distance, prise en compte du vote blanc… Politiques et chercheurs sont nombreux à y voir une manière d'améliorer la participation. « Désastre civique » pour Marine Le Pen, « schisme entre la classe politique et les Français » pour Yannick Jadot… Dimanche 20 juin, les politiques n'avaient pas de mots assez forts pour commenter le taux d'abstention au premier tour des élections régionales et départementales : 66,74 %, un record sous la Ve République, hors référendum. Les explications circonstancielles qui avaient déjà prévalu aux municipales il y a un an - déconfinement et début de l'été - ne suffisent plus. »

Ouest France : « l'abstention a ses raisons »
Pour l'éditorialiste de Ouest France, Jean-François Bouthors, « l'abstention a ses raisons ». Et de développer : « Le second tour des élections régionales et départementales a confirmé l'abstention record du premier, malgré des appels véhéments à la mobilisation dans tous les camps. Les Français se sont abstenus en pleine connaissance de cause. Aussi faut-il choisir entre deux attitudes : ou bien considérer qu'en démocratie, le peuple est souverain, y compris lorsqu'il s'abstient ; ou bien prendre au pied de la lettre La Solution, le poème écrit par Bertolt Brecht en 1953, lorsque les chars soviétiques matèrent dans le sang les insurrections ouvrières d'Allemagne de l'Est : Le peuple […] a par sa faute perdu la confiance du gouvernement et ce n'est qu'en redoublant d'efforts qu'il peut la regagner. Ne serait-il pas plus simple alors pour le gouvernement de dissoudre le peuple ?
Évitons donc de dire que les abstentionnistes ont toujours tort. Laisser entendre que la lassitude, l'insouciance, le jeune âge d'une partie des électeurs, le déconfinement ou le beau temps, fournissent une explication, c'est noyer le poisson. Gloser sur l'idée que les régionales et les départementales ne mobilisent pas car l'enjeu n'est pas comparable à celle d'une présidentielle est une manière de passer sous silence la responsabilité de tous ceux qui ont focalisé toute la campagne sur des thèmes qui ne relevaient pas des enjeux politiques régionaux ou départementaux et qui les ont effacés. Le sujet de la sécurité, qui était omniprésent, ne suffit pas à mobiliser les électeurs. La surenchère en la matière ne produit pas de projets susceptibles de rendre la politique crédible et engageante pour les citoyens.
»
Et de conclure au regard des scores des sortants : « La prime aux sortants traduit le fait que ceux qui ont longtemps agi sur le terrain sont encore capables de rassembler autour d'eux la partie de la société qui a été au contact d'une culture politique articulée. Néanmoins, cette culture s'affaiblit. Le président et ses gouvernements successifs qui n'ont eu qu'une pratique épisodique et opportuniste d'une politique articulant les différents niveaux du national au local – on l'a vu cruellement pendant la crise du Covid – ont participé à l'effondrement de cette culture. »

1 commentaire :


Commentaire de Gaëlle

05/07/2021 17:15:37

l'abstention est devenu un acte très politique pour une partie des abstentionnistes dont je fais partie. Le bulletin blanc n'étant pas comptabilisé dans le résultat et n'étant pas mis en valeur dans les commentaires des résultats... venir grossir le chiffre des abstentionnistes fait davantage parler... Même si évidemment c'est un acte qu'il a fallu réfléchir car le droit de vote est un droit important. Malheureusement il est aujourd'hui assimilé à la démocratie... or la démocratie ce n'est pas UNIQUEMENT voté... c'est aussi voir les engagements tenus et pouvoir agir entre les votes...



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