Mercredi 08 Décembre
Saumur | Doué-la-Fontaine | Longué | Baugé | Thouars | Loudun | Chinon | Avoine | Bourgueil
VIE DE LA CITÉ

Courrier du lecteur. "COVID long, dans l'enfer symptomatique"

Touché lors de la première vague, en mars 2019, un kiosqueur vit depuis dans un état second, au gré des symptômes, sans perspectives de guérison. Récit et témoignage poignant...

IMG


"e COVID fait la une de notre actualité depuis plus d'un an désormais, mais l'on parle peu de ceux qui vivent depuis qu'ils ont été touchés l'enfer quotidien de ce qu'il est convenu d'appeler pudiquement "Le COVID long".
Quelle réalité se cache-t-elle derrière cette expression encore peu usitée, méconnue du grand public, en dépit de quelques témoignages bouleversants ? Nous devrions d'ailleurs plutôt écrire "quelles réalités", tant les parcours sont multiples, personnalisés à l'extrême...
Touché lors de la première vague, le 12 mars 2020 exactement, j'appartiens depuis à cette frange de malades pour qui le COVID est désormais un état permanent, avec ses hauts et ses bas. Une première période s'ouvre, marquée par un état de fatigue prononcé et des douleurs thoraciques persistantes, jusqu'à l'été, suivie d'une deuxième période, d'octobre à début janvier, où mon état empire très sérieusement, m'obligeant à arrêter de travailler.
Je découvre ce qu'être au bout de ses forces signifie! Fatigue extrême, nuits perturbées, douleurs thoraciques intenses, vertiges, chutes à répétition, troubles du langage, de l'attention et de la mémoire se succèdent. Je ne suis plus que l'ombre de moi-même, incapable de rien faire! Je finis par être hospitalisé, après une crise faisant penser à de l'épilepsie. Ces quelques jours sont l'occasion de multiples examens qui tous restent vierges, à l'exclusion d'une thyroïdite, potentiellement déclenchée par le virus.
En résumé, je suis un malade en pleine forme! Et pourtant, je vis dans une sorte de brouillard, coupé des miens qui s'inquiètent. Après une légère amélioration, je finis par reprendre le travail, malgré la persistance de la plupart des symptômes. L'inaction me pèse trop et le moral s'en ressent...

Mais après presque 4 semaines, je suis à nouveau à bout de forces, secoué par de nouveaux symptômes: crampes, problèmes gastriques, difficulté à évaluer les distances, yeux qui semblent trembler, etc. Nouvel arrêt de travail, que j'interromps au bout d'un mois, pour les mêmes raisons que précédemment. Une nouvelle batterie d'examens permettra de révéler une embolie pulmonaire. Alléluia! J'ai enfin quelque chose !
Pour la première fois depuis plus d'un an, une explication vient donner corps à certains symptômes jusque-là inexpliqués malgré les nombreux examens subis! J'aurais pu y rester, mais ce petit quelque chose de palpable fait du bien au malade que je suis... Je vis depuis plus d'un an une vie en demie-teinte, comme étranger à moi-même et à mes proches !
De symptôme en symptôme, j'ai perdu la capacité de réfléchir et d'agir, à bout de souffle au bout de quelques minutes d'efforts, contraint à faire une grosse sieste comme un nourrisson ou un vieux pour tenter de recharger un peu les batteries. Je ne suis plus que l'ombre de moi-même, errant dans une vaste bibliothèque de symptômes divers qui se succèdent et je ne sais si je retrouverai un jour celui que j'étais.
De tous les symptômes identifiés, les seuls que je ne connais pas sont la fièvre, la perte de goût de d'odorat. Quelle chance pour le gourmand que je suis, ! J'appelle cela "l'école de l'humilité": apprendre à se déposséder de soi, à se réjouir du peu que l'on peut faire, à renoncer à conduire, jardiner, bricoler, à se perdre dans ses phrases, oublier ce qu'on vient juste de faire, à lire aussi les regards inquiets de ceux qui vous aiment et ne peuvent que subir votre maladie et essayer de voir en vous celui qui vous étiez, tout en admettant le changement brutal !

Combien sommes-nous ? Qui nous soutient ? Qui nous croie vraiment ? Nous sommes livrés à nous-mêmes, enfermés dans nos symptômes, passant d'un examen à l'autre sans toujours de résultats probants, sans soins. Nos médecins, louez-soi le mien! sont impuissants, ne sachant que soigner, nous laissant désemparés face à la maladie ! Car un Covidé long, c'est comme un capitaine au long cours, livré à lui-même avec son équipage, sur une mer déchaînée, ou comme un naufragé sur son île déserte qui regarde en vain au loin passer les bateaux ou les avions dans le ciel !

Quand cela finira-t-il ? Pour nous, demain est déjà passé, en dépit des recherches en cours ! Pour nous, cet état de COVIDE long doit non seulement faire l'objet d'un effort de recherche, mais aussi de prise en compte spécifique par l'assurance maladie. Notre statut doit être reconnu pour que nous soyons soutenus à la hauteur de l'enjeu.
Quand cela se concrétisera-t-il ? J'en appelle enfin à tous ceux qui mettent en cause l'utilité des mesures barrière. Vous êtes libres de penser ce que bon vous semble, mais êtes-vous libres de faire selon votre bon vouloir dans l'incertitude qui entoure la maladie? Ces mesures ont montré une efficacité certaine, certes pas totale, mais certaine! Ce petit effort n'est pas si lourd, et c'est une manière de prendre soin des autres et peut-être d'éviter à d'autres de vivre à leur tour ce que je vis en ce moment, avec mes frères covidés-long !

Peut-être mes textes, publiés sur mon blog à l'adresse ci-après vous convainqueront-ils ? Aux confins du confinement, les mots libérés :
https://auxconfinsduconfinement.blogspot.com"

2 commentaires :


Commentaire de Merci pour votre témoignage

16/05/2021 13:01:51

Je souhaite vivement que les chercheurs trouvent rapidement un remède pour toutes ces personnes atteintes de Covid long. Bon courage et meilleur rétablissement à tous. Et à tous ceux qui, actuellement refusent encore la vaccination, qu'ils réfléchissent deux secondes aux sévères séquelles engendrées par ce virus imprévisible avant qu'il ne soit trop tard pour eux.



Commentaire de jo

16/05/2021 15:50:36

un super témoignage qui devrait faire réfléchir les gens qui pensent que ce virus est une simple grippe.les symptomes que vous décrivez sont semblable à ceux de l A V C et malheureusement ne disparaissent pas surtout la fatigue comme le cerveau dans les 2 cas est touché.bon courage et meilleur santé à vous



page-precedente

Ajoutez un commentaire à cet article :

 

Les commentaires ne seront pas corrigés.
Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés.
La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes.

 

(n'apparaîtra pas
sur le site)

(Email)


Si vous ne réussissez pas à mettre un commentaire, pensez à mettre votre navigateur internet a jour. Pour déposer un commentaire vous devez avoir javascript actif.

Me prévenir si un autre commentaire est déposé pour cet article.

 


Votre commentaire sera publié après modération.

Pour faciliter la lecture des commentaires, la longueur des commentaires est réduite et le nombre de caractères est limité ? 600...

 

 


Créez votre article ! ICI



PUBLICITÉ
PUBLICITÉ