Samedi 28 Mai
Saumur | Doué-la-Fontaine | Longué | Baugé | Thouars | Loudun | Chinon | Avoine | Bourgueil
VIE DE LA CITÉ

Elections départementales et régionales 2021 : Report les 20 et 27 juin prochains

Suite aux annonces gouvernementales, les élections départementales et régionales 2021 seront reportées d'une semaine, pour raisons sanitaires. Elles se tiendront les 20 et 27 juin au lieu des 13 et 20 juin. Le gouvernement aura entendu la majorité des maires de France, qui suite à la consultation lancée ce week-end, ont répondu à 56% des quelques 35 000 édiles qu'ils ne ne souhaitaient pas de report à l'automne voir plus. La raison ? Les principales associations d'élus qui y voyaient une manœuvre politique. D'autres n'étaient pas du même avis. Dans cet article, également ce qu'en pensent des maires du Saumurois.

IMG


"Les conditions préconisées par le conseil scientifique vous semblent-elles réunies pour tenir les élections les 13 et 20 juin ?" Voilà la question qui était postée par SMS ou par mail par le gouvernement aux quelques 35 000 maires de France vendredi soir dernier et qui devaient y répondre durant le week-end. Malgré le peu de temps imparti, une forte participation avec près de 69% de retours (24 257 retours).13 513 (56%) ont répondu « oui ». 9 812 (40%) ont répondu « Non ». 932 (4%) n'ont pas répondu à la question posée. "Cette participation importante est à saluer", a signifier le Ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin
Mais cette consultation a cela étant dit mis le feu aux poudres. « Manœuvre », « manipulation », l'opposition de droite comme de gauche n'y voit qu'une nouvelle stratégie pour reporter les scrutins. Et du côté des principales associations d'élus, ce sondage, perçu comme un signe de défiance, ne passe pas non plus. Dans un courrier daté du 9 avril, l'Association des maires de France (AMF) dénonce « une consultation précipitée (...) et une méthode inappropriée pour traiter une question de cette importance."



Dans son sillage, Territoires Unis, qui rassemble l'AMF, l'Assemblée des départements de France (ADF) et l'Association des Régions de France (ARF) évoquait dans un communiqué diffusé ce lundi 12 avril « une consultation rocambolesque » et un « pathétique aveu d'échec (...) Le Président de la République a annoncé un calendrier de réouverture du pays dès le début du mois de mai, et on ne pourrait pas aller voter en juin ? Le gouvernement n'a donc à ce point pas confiance en sa stratégie vaccinale ? » Lire ici

Près de 32% des maires souhaitaient le report

Cela étant dit, et alors que 10% des sondés étaient sans avis, 32% des maires, notamment de petites communes, n'étaient pas d'accord pour que se tiennent ces deux scrutins en juin, estimant qu'ils devaient être reportés pour des questions purement pratiques d'organisation du scrutin. De fait, le conseil scientifique recommandait notamment de solliciter des personnes jeunes et vaccinées, ou testées le cas échéant, pour la tenue des bureaux de vote. Dans un courrier adressé au Premier Ministre et relayé par La Gazette des Communes, Michel Fournier, maire des Voivres (Vosges) et président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF) avait fait savoir que c'étaient « des conditions inacceptables » et « impossible à mettre en œuvre », créant « un environnement incompatible avec la sérénité de l'organisation du scrutin (...) a fortiori dans les communes rurales où il peut être compliqué de trouver des assesseurs".
Un argument qui ne tenait pas selon l'Association des petites villes de France (APVF). Interrogé sur France info, le président Christophe Bouillon, maire de Barentin (12 000 habitants en Seine-et-Marne) proposait quant à lui "d'élargir les horaires des bureaux de vote, comme préconisé par le conseil scientifique, ou d'envisager des bureaux en extérieur (...) Il ne faut pas reculer encore plus loin le scrutin. Cette période d'élection retient aussi un nombre de décision, notamment de la part des départements et des régions, cela empêche parfois le financement de projets." En PDF à télécharger, les résultats par département de France métropolitaine et Outre-mer.

51% des maires pour le report en Maine-et-Loire

En Maine-et-Loire, 151 maires des 177 que compte le département ont répondu à la consultation. Au final, 77 sont favorables à ce que le scrutin se tienne en juin, soit 51%. A l'inverse 65 maires (43%) estiment que les conditions ne sont pas réunies et qu'un report est nécessaire. Enfin, 9 élus (6%) n'ont pas répondu.
Interrogé par le Journal Ouest France, Philippe Chalopin, maire de Baugé en Anjou et Président des Maires de Maine et Loire, expliquait pourquoi il était favorable la tenue du scrutin en juin : "La démocratie ne peut être mise entre parenthèses. Et le fait de poser la question du maintien ou non me choque car c'est considérer que ces élections ne sont pas essentielles. Elles le sont pourtant. Et les gens sont prêts à aller voter."

Témoignages de maires du saumurois

Gilles Talluau, Maire de Varennes sur Loire (1 900 habitants), Président des Maires Ruraux du Maine et Loire était du côté des défenseurs du maintien en juin, quoique les conditions seront difficiles. Dans un courrier adressé samedi après-midi au préfet de Maine-et-Loire, il explique : « (...) il me semble que nous n'avons aucune compétence à juger de l'opportunité de modifier et reporter ces échéances au regard de la loi qui attribue cette compétence à l'exécutif. Toutefois j'attire votre attention sur les recommandations faites par le Conseil scientifique de privilégier des membres du bureau de vote pour qu'ils soient vaccinés ou testés. Ces conditions ne sont pas acceptables et créent un environnement incompatible avec la sérénité de l'organisation du scrutin. Imposer de telles dispositions aux élus locaux est difficilement compatible avec la pratique constatée dans les communes rurales où il est parfois complexe de trouver des assesseurs en nombre sans mobiliser le personnel communal.
Aussi je sais que certains de mes collègues ont des difficultés pour mettre en œuvre les élections, a fortiori dans le cadre d'un double scrutin imposant la mise à disposition de lieux adaptés.
Malgré tout j'exprime le souhait que les élections puissent se dérouler selon le calendrier prévu dans la mesure où elles se situent dans une période non concernée par un confinement partiel ou total.
» Et de conclure : « Tels sont les éléments que je tenais à porter à votre connaissance afin que vous puissiez prendre une décision qui rende simple et sereine l'organisation de ces scrutins importants pour les communes dans le lien qu'elles entretiennent avec les Conseils départementaux et régionaux. »
Suite à l'annonce de la décision gouvernementale du report d'une semaine, Gilles Talluau n'a qu'une phrase : "Juste une citation militaire : Avant d'exécuter un ordre attendons le contre ordre pour éviter le désordre !!!"

Guy Bertin, Maire de Neuillé (995 habitants), conseiller départemental sortant et candidat à sa réélection : « Dans ma réponse du Préfet, j'ai fait savoir que je n'étais pas favorable à la tenue des scrutins en juin prochain et ce pour deux raisons, essentiellement sanitaires : Primo, on ne sait pas quand on sortira vraiment de ce pseudo confinement et donc impossible de faire campagne et d'aller à la rencontre des habitants pour échanger sur nos projets ou tenir des réunions publiques. Ce serait une campagne à minima, tronquée pour un mandat qui dure quand même 6 ans. Deusio, le contexte sanitaire, même s'il peut s'améliorer, ne sera toujours pas propice en juin et je pense que les gens auront toujours une crainte pour se déplacer dans les bureaux de vote. Qui plus est, en France, nous n'avons pas de culture du vote par correspondance ou à distance. Bref, les élections arrivent trop tôt. Ce ne serait pas une posture en faveur de la démocratie permettant un fonctionnement plus compatible entre la sécurité sanitaire prioritaire et le débat démocratique fondamental. » Et le maire de cette petite commune d'émettre des craintes sur le plan de la logistique : « Les assesseurs devant fournir des tests de moins de 48h, il va falloir doubler leur nombre, qui plus est du fait de ce double scrutin (n.d.l.r. départemental et régional). Je pense que nous ne sommes pas à 2 ou 3 mois près. Fin septembre, normalement 30 millions de Français seront vaccinés, l'immunité sera quasiment faite. Il faut voir dans ce choix de report ou non d'abord l'intérêt des habitants. » Puis de conclure en rejoignant sur un point Gilles Talluau : « Même si nous avons été consultés, c'est une décision qui de toute façon nous échappent, nous maires. »
Et suite à la décision gouvernementale de report d'une semaine de s'exprimer : "Dont acte.On va tout faire pour que chaque citoyen se sente en toute sécurité pour venir voter. De fait, la citoyenneté a toujours été au coeur de mes convictions, en faisant en sorte que les gens puissent bénéficier du droit de vote."

Frédéric Mortier, Maire de Longué-Jumelles (6 820 habitants), probable candidat aux départementales : "Les élections départementales et régionales des 13 et 20 juin doivent nécessairement avoir lieu.
D'abord parce que le suffrage universel comme le dit très bien le Président du Sénat Gérard Larcher, doit pouvoir s'exprimer en toutes circonstances. Les élections d'Erdre-en-Anjou (Vern d'Anjour, La Pouëze, Brain-sur Longuené et Gené) à l'autre bout du département ce week-end, ont bien montré toute l'importance qu'accordent les concitoyens à la désignation de leurs représentants élus.
Ensuite parce que les Maires qui depuis un an sont soumis à rude épreuve, savent désormais organiser ces événements dans les meilleures conditions de sécurité, quitte à devoir apporter des garanties supplémentaires. Quant au déroulement de la campagne électorale, elle n'est que très peu impactée par la situation sanitaire, les nouveaux instruments numériques passent désormais par là et les réunions publiques difficiles à tenir sont elles-même quasiment obsolètes.
Enfin, et c'est sans doute une des raisons essentielles au fait qu'il faille maintenir ces deux scrutins, c'est qu'ils concernent des sujets très importants pour la vie de nos concitoyens. Si la Région semble plus lointaine, c'est tout de même elle qui porte une grande partie des compétences économiques de notre territoire ligérien, sans compter la formation professionnelle, la gestion des lycées, les transports publics mais aussi une grande partie des subventions versées aux communes. Quant au département dont on ne rappellera jamais assez le rôle essentiel, il intervient tous les jours auprès de nos aînés, des personnes les plus fragiles, sur les sujets de l'enfance en danger, au profit de nos routes départementales, de la revitalisation de nos centre-bourgs, ou encore de la défense de la ruralité et le développement durable.
Autant de raisons donc, de maintenir les scrutins départementaux et régionaux du 13 et 20 juin 2021."
Et suite à la décision gouvernementale de report d'une semaine de s'exprimer : C'est un bon compromis. Cette décision permet de sécuriser encore un peu plus le scrutin. Elle laisse également le temps aux candidats de s'organiser. Elle respecte surtout l'avis des Maires de France, ce qui est une bonne chose."

Explication devant les chambres ces mardi et mercredi

Le Premier Ministre Jean Castex, qui était favorable à la tenue des scrutins en juin, a rappelé que "le gouvernement privilégiait le maintien en juin de ces scrutins si les conditions sanitaires peuvent être respectées sans « altérer l'expression libre et sécurisée du vote de nos concitoyens."
Pour expliquer cette décision et présenter les mesures logistiques, le Premier ministre s'exprimera sur le sujet devant les députés ce mardi 13 avril, et devant les sénateurs le lendemain, mercredi 14 avril....
Cela étant dit, à droite comme à gauche, exception faite du Modem qui prônait un report, tous s'accordent toutefois sur la nécessité d'un encadrement strict, afin d'éviter un fiasco sanitaire tel que celui des élections municipales en mars 2020.
Et dans son début d'allocution à l'Assemblée Nationale ce mardi en fin de journée, le Premier Ministre l'a rappelé : "Je prends acte des 40% de maires qui souhaitaient un report." Cela étant, reste désormais à définir le protocole sanitaire et la logistique de ce double scrutin : les présidents de bureaux, les assesseurs et fonctionnaires devront-ils avoir été vaccinés, y aura-t-il des files d'attente spécifiques pour les personnes à risque, non vaccinées, la plage horaire d'ouverture sera-t-elle allongée, à savoir de 8h à 20h partout en France comme cela se fait déjà dans les grandes métropoles,... Bref, Jean Castex l'a annoncé : "Dans les jours à venir, si la décision est entérinée par les chambres, un Monsieur protocole sanitaire sera désigné."

Il n'y a pas de commentaire à cet article. Soyez le premier !


page-precedente

Ajoutez un commentaire à cet article :

 

Les commentaires ne seront pas corrigés.
Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés.
La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes.

 

(n'apparaîtra pas
sur le site)

(Email)


Si vous ne réussissez pas à mettre un commentaire, pensez à mettre votre navigateur internet a jour. Pour déposer un commentaire vous devez avoir javascript actif.

Me prévenir si un autre commentaire est déposé pour cet article.

 


Votre commentaire sera publié après modération.

Pour faciliter la lecture des commentaires, la longueur des commentaires est réduite et le nombre de caractères est limité ? 600...

 

 


Créez votre article ! ICI



PUBLICITÉ
PUBLICITÉ